L’IA, un outil important pour les créateurs et collectionneurs

J’ai souvent des discussions dernièrement avec mon père, un scientifique et philosophe à ses heures (en fait, dernièrement, plus philosophe que chercheur), au sujet de l’intelligence artificielle. À 94 ans, il pose encore les bonnes questions.

Nous savons déjà la réponse: l’IA n’invente rien. Elle se nourrit du savoir avec lequel on l’alimente. On peut s’en servir pour faire des recherches, mais elle devient vraiment utile quand on a déjà une idée et qu’on veut la développer, la structurer, la pousser plus loin.

C’est exactement dans cet esprit qu’on travaille chez DIGITUM Consulting.

L’IA comme outil, pas comme remplacement

On ne demande pas à l’IA d’avoir du jugement artistique ou de décider ce qui mérite d’être conservé. On lui demande d’appliquer, à grande échelle et de façon cohérente, des règles et des standards qu’on connaît déjà bien: les normes de métadonnées, les pratiques archivistiques, les standards d’authentification numérique. C’est le savoir humain accumulé qu’on utilise pour développer des outils qui font gagner un temps précieux aux photographes et aux collections.

On en a parlé abondamment dans nos articles précédents, et quelques idées reviennent souvent:

Les métadonnées, c’est la mémoire de vos images. Sans elles, une photo perd son contexte, son auteur, sa provenance — un peu comme le champ « Auteur » qui reste la première protection d’une image en ligne. On a aussi souligné que dix mots-clés bien choisis valent mieux que cent mal pensés: la qualité de l’information prime sur la quantité.

La plupart des collections photographiques sont en danger, souvent sans que leurs propriétaires s’en rendent compte — mauvaise sauvegarde, absence de structure, dépendance à un seul disque externe (le fameux mythe qu’on a démonté: la règle du 3-2-1 existe pour une raison).

L’IA reste un allié essentiel de l’archiviste, pas quelqu’un qui le remplace. L’IA peut accélérer la saisie et la structuration des données, mais c’est l’expertise humaine qui garantit que ça a du sens.

La confiance numérique — via les Content Credentials, ou des couches complémentaires comme Liccium — devient incontournable pour protéger l’authenticité d’une œuvre à l’ère de l’image générée par IA. Et ça soulève une question qu’on pose de plus en plus aux créateurs: opt-in ou opt-out face à l’entraînement des modèles d’IA sur votre patrimoine visuel?

Et ceux qui résistent, avec raison parfois

Je comprends aussi ceux qui bloquent face à l’IA. Plusieurs y voient une menace, et les raisons sont loin d’être farfelues. Il y a des enjeux éthiques réels: qui a le droit d’utiliser une œuvre pour entraîner un modèle, sans consentement ni compensation? Il y a l’empreinte environnementale des centres de données, qui n’est pas anodine. Et il y a cette peur, plus large, que la technologie finisse par nous dépasser complètement, voire mener à notre propre disparition.

Ces préoccupations méritent d’être prises au sérieux, pas balayées du revers de la main. C’est justement pour ça qu’on insiste, chez DIGITUM, sur une approche où l’humain garde le contrôle: on utilise l’IA pour appliquer des règles qu’on a nous-mêmes établies, pas pour lui laisser le jugement ou la création. La différence est fondamentale entre subir une technologie et s’en servir en connaissance de cause.

L’idée reste humaine, l’outil accélère

C’est un peu ça, la conversation que j’ai avec mon père: l’IA n’a pas d’intuition, pas de mémoire vécue, pas de jugement esthétique. Mais donnez-lui une idée claire et un cadre bien défini, et elle devient un formidable accélérateur pour la développer.

Chez DIGITUM, c’est cette philosophie qui guide le développement de nos outils: prendre le savoir archivistique et photographique établi, et s’en servir pour construire des solutions qui aident les créateurs et les collectionneurs à mieux gérer, protéger et faire vivre leur patrimoine numérique.