Lorsque j’étais en Chine, j’ai travaillé comme réalisateur vidéo et directeur photo pour une agence de design où je m’occupais de leur vidéo et photo. Je me suis vite rendu compte que c’était un bordel dans leurs photos. Différentes nomenclatures dans différents dossiers. Des formats différents, des doublons, pas de métadonnées, pas de standard. Et pas de système DAM pour retrouver leurs photos. D’où m’est venu l’idée d’utiliser l’IA pour faire un ménage.
Un problème universel
Ce que j’ai vu là-bas, je le revois partout depuis. Dans les cabinets d’architectes, les agences de communication, les studios de design, les institutions patrimoniales. Peu importe le secteur, le pattern est toujours le même : des années de production visuelle accumulées sans discipline. Un projet, un dossier, un nom de fichier qui a du sens seulement pour la personne qui l’a créé — et encore, seulement ce jour-là. Six mois plus tard, plus personne ne sait où est la bonne version, laquelle est libre de droits, laquelle a été prise par qui, quand, où.
On dirait que la photo, contrairement aux contrats ou aux finances, n’a jamais eu droit à sa propre rigueur administrative. On la traite comme un sous-produit du projet, pas comme un actif en soi. Résultat : des équipes qui paient de nouveau pour refaire des photos qu’elles ont déjà, des designers qui perdent des heures à fouiller des disques durs, des directeurs artistiques qui utilisent une image sans savoir si elle est encore sous licence.
Pourquoi les métadonnées ne sont pas un détail technique
Une métadonnée bien faite, c’est la mémoire de la photo. Qui l’a prise, quand, où, avec quel droit d’usage, pour quel client, dans quel contexte. Sans ça, chaque image devient une énigme qu’il faut reconstituer à la main — quand c’est encore possible.
C’est encore plus vrai aujourd’hui parce que le contexte a changé. Avec la multiplication des images générées ou modifiées par l’IA, la question n’est plus juste « où est ma photo », c’est « est-ce que cette photo est authentique, et peut-on le prouver ». Une entreprise, une agence, un cabinet d’architecte qui publie des images sans traçabilité s’expose maintenant à un vrai risque de crédibilité — client, presse, ou simplement un algorithme de plateforme qui commence à filtrer le contenu non vérifié.
C2PA : la provenance comme nouveau standard
C’est là qu’entre en jeu le C2PA (Coalition for Content Provenance and Authenticity), un standard qui attache à l’image un historique vérifiable : d’où elle vient, par quels outils elle est passée, si elle a été retouchée ou générée par IA. Ce n’est plus un luxe réservé aux agences de presse. À mesure que la confiance dans l’image devient un enjeu de marché — pour les photojournalistes, mais aussi pour les entreprises qui publient des visuels de projets, de produits, de bâtiments — le C2PA devient un argument de vente autant qu’une protection légale.
Une agence d’architecture qui peut prouver que ses rendus et ses photos de chantier sont authentiques se distingue. Une entreprise qui peut retrouver n’importe quelle image de sa banque en quelques secondes, avec les bons droits d’usage attachés, gagne du temps et évite des erreurs coûteuses. Le ménage numérique n’est plus une corvée de gestion documentaire : c’est un actif compétitif.
Faire le ménage, mais à l’échelle humaine
Le vrai problème, c’est que personne n’a le temps de reclasser manuellement des dizaines de milliers de photos. C’est précisément le mur contre lequel je me suis buté : on sait qu’il faut le faire, mais c’est un chantier qui semble sans fin.
C’est pour ça que j’ai commencé à développer des outils qui utilisent l’IA pour automatiser ce ménage — générer les métadonnées IPTC/XMP, structurer la nomenclature, appliquer la provenance C2PA, sans exiger des semaines de travail manuel. L’idée n’est pas de remplacer le jugement humain, mais de lui redonner le temps qu’il faut pour ce qui compte vraiment : choisir la bonne image, pas la chercher pendant une heure.
DIGITUM Consulting
C’est de ce constat qu’est née DIGITUM Consulting. On a développé DIGITUM Entreprise pour répondre à ce problème-là — que vous soyez une agence, un cabinet d’architectes, un studio de design ou toute autre organisation qui produit ou gère des volumes d’images. L’idée est simple : remettre de l’ordre dans le chaos visuel, sans y passer sa vie.
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Si votre banque d’images ressemble à ce que j’ai trouvé il y a plusieurs années, ce n’est pas une fatalité. C’est juste un ménage qu’on n’a pas encore automatisé.
